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 Programme d'évaluation national

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Gilbert



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Localisation : Strasbourg
Date d'inscription : 12/09/2006

MessageSujet: Programme d'évaluation national   Jeu 22 Fév - 12:23

Dans le cadre de ce programme, les deux inspections générales de l'Académie de Strasbourg se sont livrées à une "radiographie de l'Ecole en Alsace". Les Dernières Nouvelles d'Alsace ont publié les principaux résultats, dont je relève ces extraits relatifs à la politique des langues.

* Les élèves de la voie bilingue (cad dès la maternelle, puis à l'école primaire avec 13 h de cours en français et 13h en allemand) obtiennent 97% de réussite au brevet, avec des résultats supérieurs aux monolingues dans toutes les disciplines, et 99,1% de réussite à l'Abibac (double délivrance bac français-Abitur allemand) contre 86,5% au bac pour les autres candidats (chiffres 2005).

* La place des dialectes. L'IG invite à redonner "une place réelle, fut-elle modeste, aux parlers dialectaux, en particulier à l'école" (quand je pense aux coups de baguette et aux punitions que cela nous a valu autrefois !).
Elle s'étonne de la sous exploitation du "substrat dialectal" dans la pédagogie : "l'allemand est enseigné de la même façon à Strasbourg qu'à Lille ou à Limoges".

Dire qu'il a fallu attendre 2007 pour qu'à l'EN on découvre l'eau chaude ! Et qu'il a fallu que le dialecte régional qui n'est que l'expression parlée d'une langue écrite standard, l'allemand, ait quasiment disparu pour s'étonner d'une aberration pédagogique.
En effet, l'allemand a toujours été enseigné, du moins depuis l'après-guerre, comme si la langue était étrangère à la région, alors qu'elle s'y est implantée avec l'arrivée des Alamans et des Francs au Vè siècle, et que dans les familles les parents et grands-parents lisaient livres et journaux en allemand et écoutaient les émissions en allemand ou en dialecte.
Je me souviens parfaitement que les auteurs étudiés étaient tous des auteurs allemands classiques (Goethe, Schiller, etc), et que jamais il n'a même été fait allusion à l'existence d'auteurs français d'expression allemande, comme le Dr Schweitzer par exemple, ou René Schickele, très connus et appréciés outre-Rhin.
L'allemand devait définitivement être une langue totalement étrangère aux élèves, qui pour la plupart n'entendaient qu'elle à la maison !

L'EN, qui aujourd'hui prétend par IUFM interposé faire découvrir par l'enfant ses propres connaissances, a procédé de façon totalement inverse en détruisant chez lui ce qu'il connaissait intimement dès la naissance : une langue maternelle apprise en famille.
Ce plan a tellement bien marché que les résultats scolaires des monolingues sont aujourd'hui inférieurs à ceux des bilingues. Et que les jeunes n'écrivent pas mieux le français pour autant.

Il est aussi intéressant de noter que ces meilleurs résultats portent sur toutes les matières, et pas uniquement sur la langue. Cette constatation avait déjà été faite dès l'installation des premières classes bilingues, au grand désappointement des opposants farouches à l'enseignement bilingue, qui espéraient ouvertement l'inverse.
Il semblerait donc, mais je m'exprime sous contrôle des spécialistes sur ce forum, que la formation intellectuelle par l'apprentissage à parité de deux langues, très différentes en plus dans leur structure, favorise également les autres capacités d'abstraction et d'apprentissage chez l'enfant.

Je serais très intéressé par les observations que cette étude (qui portait par ailleurs aussi sur l'apprentissage, l'université, etc) peut suciter parmi vous. Je pense en particulier à Françoise, bien sûr, et à Anne, de plain-pied dans la question et qui a peut-être eu connaissance de cet article.

Gilbert
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Fanfan

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Date d'inscription : 22/08/2006

MessageSujet: Re: Programme d'évaluation national   Ven 23 Fév - 17:31

Bonjour Gilbert,

Heu, j'ai beau être née à Strasbourg et y avoir un peu de famille...je ne me sens guère compétente en matière d'études bi langues...
Quant à être une spécialiste sur ce forum et à contrôler qui que ce soit en matière de pédagogie, je me garde bien d'une telle prétention!

Bon, trêve de plaisanterie....

Mon expérience en matière d'élèves bilingues est associée aux élèves de ZEP qui, de fait, sont souvent obligés de jongler entre leur langue maternelle et le Français. Cela les conduit certainement à une gymnastique de l'esprit mais les données sont faussées. En effet, leur vocabulaire dans leur langue d'origine étant assez limité, ils éprouvent des difficultés croissantes au fur et à mesure que leur scolarité se déroule.

J'ai observé que plus le niveau culturel est élevé au départ et plus l'adaptation est aisée... surtout si les efforts scolaires sont valorisés.

Les chiffres que vous citez sont intéressants; mais vous savez ce qu'on dit des chiffres en général! Les différences de réussite aux examens peuvent avoir des explications variées.
Quand j'étais au collège (de 1973 à 1977 !) les élèves qui faisaient allemand en première langue étaient les élèves les meilleurs...non pas parce qu'ils faisaient de l'allemand, mais parce que c'était une façon déguisée pour les parents et le collège de faire des classes de "niveaux".

Dans mon département (95) les choses ont bien changé puisque les parents ne veulent plus que leurs enfants fassent de l'Allemand en disant que cette langue ne sert à rien. Je n'ai pas d'avis sur ce dernier point mais il s'avère que le russe et le chinois sont des langues qui "montent"...

Bon, je m'éloigne un peu du sujet initial mais quoiqu'il en soit, les raisons de réussite ou de difficultés scolaires sont tellement nombreuses que je reste toujours très prudente en la matière.

A bientôt...
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Gilbert



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Age : 67
Localisation : Strasbourg
Date d'inscription : 12/09/2006

MessageSujet: Re: Programme d'évaluation national   Ven 23 Fév - 19:25

Bonjour Françoise,
Je relève dans votre réponse un aspect fort important de la question que je n'avais pas évoqué, non parce que je l'ignorais ou le négligeais mais parce qu'on n'est pas toujours totalement exhaustif dans ce genre de message, c'est en effet la dimension culturelle du milieu d'origine de l'élève. Classe bilingue ou pas. Mais le choix d'une classe bilingue dès la maternelle, dans une région où l'emploi frontalier est très important pour contenir le taux de chômage, suppose déjà chez les parents une faculté de se projeter dans l'avenir, sachant qu'à l'entrée en 6è leurs enfants vont ajouter l'anglais à leur bagage.
Il est évident que dans un milieu culturellement pauvre, cette préoccupation ne sera pas davantage prise en compte que beaucoup d'autres paramètres scolaires.
Imaginez-vous ce que doit être la scolarité des enfants et petits-enfants Malulu ? Ca fait peur rien que d'y penser...
Il paraît tout aussi évident qu'un bagage linguistique limité dans sa langue maternelle handicape l'enfant dans l'acquisition d'une deuxième langue.

Où l'on retombe sur les origines de l'inégalité face à la réussite scolaire...

Gilbert
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morigghanne
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Date d'inscription : 22/08/2006

MessageSujet: Re: Programme d'évaluation national   Ven 23 Fév - 23:54

Bonsoir Gilbert,

Je ne suis pas sûre que mes six mois d'enseignement en Alsace me permettent de m'exprimer sur la question avec tout le recul nécessaire...je ne vous livrerai donc que mes observations personnelles, celles d'une personne " de l'intérieur" découvrant le système scolaire alscien !

Dès les premières semaines, j'ai découvert qu'il y avait bien trois langues usuellement utilisées en Alsace : le français bien sûr, l' alsacien, et un peu l' allemand. Les élèves de mon collège étudient en grande majorité d' allemand ce qui m'a quelque peu surprise au début ( en Normandie cette langue est réservée à une infime minorité de très bon élèves...même moi, j'avais choisi l'espagnol en deuxième langue vivante !). Cela dit, je pense que les élèves l'ont étudié comme première langue vivante, comme nous normands commençons par apprendre l' anglais....
La place de l' alsacien m'a paru inexistante dans le système scolaire pour le moment. Toutefois, tous les enfants que j'ai rencontré, dans les alentours de Sélestat, le parlent couramment. Un de mes amis de fraîche date, âgé de 22 ans, m'a assuré que l'on parlait toujours simultanément français et alsacien aux enfants. Lui même s'exprime indifférament dans les deux langues ( sauf avec moi, heureusement ! )...j'ai eu aussi affaire, en début d'année, à des élèves qui parlaient en alsacien pour ne pas être compris quand je les surprenais en flagrant délit de bavardages intempestifs !

Quand j'ai rapporté l' anecdote à des collègues PLC2 qui exercent à Strasbourg ( elles viennent, comme moi, d'autres régions de France ), elles ont été très surprises : il semble que leurs élèves ne s'expriment jamais en alsacien. L'une d'elle s'est renseignée auprès d'une collègue qui lui a expliqué que l' alsacien n'était guère usité que dans les petites communes au sud de Barr.

Je me propose, dès la rentrée, de faire étudier quelques légendes locales à mes élèves de 6ème en remédiation. J'en ai déjà repéré une ou deux qui contiennent quelques expressions en alsacien : je pense qu'il pourrait être interessant de nous pencher dessus avec les élèves, pour voir où ils en sont avec leur propre culture.

J'ai quand à moi du attendre l'université pour suivre des cours de dialectologie normande, et enfin comprendre mot à mot mes voisins quand ils m'arrêtent pour parler de la pluie et du beau temps !
Qui sait, si je suis amenée à rester quelques années de plus en Alsace, je me mettrais bien à l'alsacien, aussi. Mais je ne parle pas un mot d'allemand...c'est grave, docteur?
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hyttria

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Date d'inscription : 22/08/2006

MessageSujet: Re: Programme d'évaluation national   Sam 24 Fév - 10:58

Je me souviens du temps, où, étudiante à la Sorbonne, je ne pouvais pas suivre les cours d'ancien français pour cause de double cursus. Je m'étais donc rabattue, en désespoir de cause, sur des cours de langue d'oc médiévale (les langues médiévales étant obligatoires en licence).
Et là... stupéfaction! impossible de trouver une place assise! non pas que tous les étudiants soient dans une situation identique à la mienne, mais simplement par goût, ou par curiosité... ces cours s'assortissaient de cours en provençal contemporain qui rencontraient un vif succès.

Tout cela m'amène à un constat: il y a une réelle demande. Je pérorais l'autre jour avec mes élèves de 5° à propos des jongleurs médiévaux se promenant de cour et cour et faisais la distinction entre troubadours et trouvères, et évoquant les différencts dialectes régionaux. Un certain nombre d'entre eux semblaient déolés d'apprendre qu'ils ne pourraient pas avoir de cours de provençal (pure démagogie ou réel regret?).

En Alsace, en Bretagne, au Pays Basque, ou encore en Corse, il est possible de trouver des enseignements bilingues; certes, le basque comme le breton et le corse sont des langues à part entière. Mais elles ne sont pas plus communément parlées que le provençal, le berrichon ou le "ch'ti". Et au delà des simples performances scolaires, elles permettent aux enfants d'avoir une connaissance culturelle de la région où ils vivent...

Sans forcément passer par le truchement de l'enseignement bilingue des parlers locaux, je suis persuadée que leur apprentissage pourraient aider les enfants dans leur apprentissage du français: les parlers locaux sont souvent proches du français, et beaucoup de mots ou d'expressions populaires y trouvent leur origine. On peut même leur expliquer les origines des différents accents en passant par la phonétique.

Mais quand même, tout cela m'interpelle. La grand-mère de mon mari, bretonne, nous racontait que lorsqu'elle était enfant (dans les années 1915), elle ne savait pas parler français. Et que lorsqu'elle est arrivée à l'école, elle était systématiquement punie lorsqu'elle parlait breton. A croire que l'EN est une vieille dame qui met du temps à se rendre compte de ses erreurs. Quant à espérer une quelconque réforme, il va sans doute falloir patienter encore... quelques décennies.
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