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 De Robien et la grammaire

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hyttria

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MessageSujet: De Robien et la grammaire   Mer 29 Nov - 19:39

Le nouveau dada de De Robien? Voilà que notre ministre de tutelle s'attelle à l'enseignement de la grammaire. On s'aperçoit subitement, par hasard, qu'on avait préconisé l'abandon progressif de l'enseignement de la grammaire au profit d'une grammaire de "besoin" étudiée de façon parcellaire au gré des textes rencontrés au cours des lectures faites en classe.

Je me souviens ainsi avoir ri quand Luc Ferry nous a envoyé un courrier à nous, professeurs de français, nous incitant à réhabiliter l'usage de la dictée comme évaluation.

Je me souviens du temps où sur AOL avec mon copain Guedbralec27 nous discourions sur notre "esprit de résistance" et notre exigence en matière de langue et d'orthographe. Et accessoirement de notre difficulté à séduire nos inspecteurs respectifs Evil or Very Mad , inspecteurs qui ne faisaient qu'appliquer les textes officiels lol!

Je n'ai jamais abandonné l'enseignement de la grammaire et j'imagine que Marie-Hélène dira la même chose, de même que de nombreux collègues de français.

Ce qui m'étonne, c'est que nos ministres aient mis tellement de temps pour s'apercevoir qu'il fallait d'urgence les remettre à la place qui leur est due dans les instructions officielles. Et si au passage, on pouvait nous donner un ou deux petites heures de plus par classe, je suis convaincue que les enfants feraient des progrès fulgurants
rendeer
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Littera

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MessageSujet: Re: De Robien et la grammaire   Mer 29 Nov - 20:47

Non je n'ai jamais abandonné l'enseignement de la grammaire, je "bidouillais" simplement le cahier de textes pour donner l'impression que j'étais "dans le vent des inspecteurs", et ça a marché. Il n'empêche que beaucoup de mes collègues la laissent tomber, pour privilégier l'étude des textes, et que en primaire les élèves que nous recevons dans mon collège n'ont qu'une vague teinture grammaticale. Je le découvre tous les ans, puisque en ce moment, étant en CPA, je ne fais plus que du latin, pour l'étude duquel il faut maîtriser les fonctions, les structures grammaticales, les conjugaisons, identifier les temps...et c'est la cata. Je passe beaucoup d'heures à revoir avec mes latinistes de 5ème les bases de la grammaire française. Mon collègue d'allemand est dans le même cas (il s'est fait allumer l'année dernière par son inspecteur, sous prétexte que son enseignement - il fait aussi de la grammaire! - était trop rétrograde. Et l'inspecteur l'a inscrit d'office à un stage de "remise à niveau", lui qui a 53 ans, en le prévenant que s'il n'y allait pas il le barrerait dans son avancement!!!)
Je ne crois pas du tout à la science infuse des enfants! Il paraîtrait qu'ils ont en eux une grammaire naturelle, et que notre maieutique suffirait à faire sortir comme d'un chapeau des structures grammaticales parfaites.
Quand mon fils avait trois ans, je me souviens qu'il m'avait sorti un "ils sontaient" du plus bel effet. C'était bien vu concernant l'emploi de l'imparfait, logique aussi dans la construction d'un verbe régulier. Mais le français est tellement pétri d'irrégularités qui tiennent à son histoire et au refus politique d'une simplification, qu'il faut bien à un moment faire des cours théoriques (et pourquoi pas des cours dits "magistraux", même si c'est désormais un gros mot).
Et puis mon fiston vivait dans un milieu privilégié. mais tous les autres, les enfants d'immigrés (et il y en a beaucoup là où j'enseigne), et les enfants de fratries nombreuses, ...partout où on ne saisit pas bien le sens de la langue...ils l'ont, eux, la grammaire intuitive?
Les pédagogos n'ont pas fait de bien là non plus. Mais je crois que le débat est plus ancien. Mon père, prof d'espagnol (il est mort en 77 à 75 ans) il y a longtemps, me racontait la même chose sur les exigences des inspecteurs. Peut-être qu'en langues vivantes le problème se pose un peu différemment, mais le résultat est le même. On ne peut bien parler une langue (et penser dans cette langue), que si on en mâîtrise les structures

Notre Robien n'a peut-être pas tout à fait tort, mais Dieu qu'il est maladroit!!!
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hyttria

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MessageSujet: Re: De Robien et la grammaire   Mer 29 Nov - 21:22

Evidemment qu'il n'a pas tort (pour une fois) notre ministre! Ce qui me surprend le plus, c'est le décalage qui existe cependant en la réalité de l'enseignement et le discours tenu.

Evidemment, beaucoup d'enseignants ont "abandonné" la grammaire, mais beaucoup aussi ont tenu bon, et on s'aperçoit seulement aujourd'hui que ce sont ces derniers qui avaient raison malgré les "menaces" de nos inspecteurs.

Je crois enfin qu'il ne faut pas se leurrer; ce n'est pas en remettant au goût du jour la méthode syllabique et la grammaire que l'on aplanira les difficultés de l'école! D'autant qu'il n'y aura pas d'effet immédiat, mais sur le long terme.

Les Malulu et leurs discours stériles ont donc de beaux jours devant elles.
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Gilbert



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MessageSujet: Re: De Robien et la grammaire   Mer 29 Nov - 21:31

Que voilà un thème qui intéresse le profane que je suis en la matière ! Je n'oserai avancer un quelconque avis, si ce n'est l'observation que la grammaire des étudiants est souvent à la hauteur de leur orthographe.
En revanche, je me pose une question après avoir lu les posts de Sophie et de Marie-Hélène : cette volonté délibérée de tourner le dos à la grammaire, comme semble-t-il à tout ce qui demande un effort à l'élève et qui ne jaillit pas spontanément de son savoir inné et génétique, ne serait-elle pas tout simplement la pâle copie des méthodes pédagogiques américaines, où l'on encourage l'élève à s'exprimer avant tout, sans qu'il possède forcément les bases pour le faire avec pertinence ?

Il me revient cet exemple que j'avais vécu à mon grand étonnement, durant mes 8 années passées à Brazzaville. La vie culturelle y étant des plus réduite, et la préparation de ma thèse me laissant malgré tout deux heures par semaine, je suivais les cours d'anglais au centre culturel américain.
Les leçons consistaient à travailler avec un livre, dont chaque thème servait de support à la discussion, dirigée par... une animateur plus qu'un enseignant. De ce point de vue, ces gens faisaient bien leur travail, puisqu'ils incitaient les élèves à parler le plus possible. Mais pas nécessairement le plus juste possible. Or, j'avais bien constaté que mes bases grammaticales avaient eu le temps de se noyer depuis la fin du lycée, ce qui me mettait mal à l'aise pour exprimer une phrase correctement construite, même si je me faisais comprendre sans difficulté.
J'insistais donc à plusieurs reprises pour qu'il nous fût donné des leçons de grammaire, mais je me heurtais à un mur d'incompréhension polie. Visiblement, on ne comprenait pas la raison de cette obstination, alors qu'il me suffisait simplement de me laisser aller, et d'exprimer ce que j'avais à dire pour me faire comprendre, me répondait-on. L'apprentissage structuré des règles de grammaire passait manifestement pour une incongruité, un archaïsme pédagogique à la française.

N'aurions-nous pas fini en France par nous persuader qu'il y avait là un modèle (de plus) à imiter ?
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hyttria

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MessageSujet: Re: De Robien et la grammaire   Mer 29 Nov - 22:02

Il est possible Gilbert, que l'on soit dans la même prospective que la pédagogie américaine; encourager l'élève à s'exprimer dans des cours de plus en plus oralisés dans lesquels ils sont sollicités par un flot ininterrompu de questions (sus aux cours magistraux), les inciter à formuler le contenu même de la trace écrite, noter ce qu'il fait sans tenir compte de la façon dont il le fait (c'est-à-dire exclure des critères de notation la grammaire, l'orthographe, la calligraphie) peut avoir d'indéniables qualités.

Mais on peut encourager la prise de parole sans pour autant bannir l'apprentissage des outils indispensables à qui veut s'exprimer correctement. Tout est question de dosage, donc.

Que les élèves construisent du sens dans une lecture et une réflexion communes autour d'un texte littéraire est une chose, mais procéder de la sorte sur des notions grammaticales me laisse perplexe.

Evidemment, il n'existe pas de préscience de la grammaire, même s'il est indéniable que les enfants ont une conscience de la langue (dommage que la langue française soit faite d'exceptions: le "sontaient" du fils de Marie-Hélène relevait d'une certaines logique...). Je ne suis pas convaincue que si j'imprègne mes élèves de Proust en les inondant de photocopies (honte à moi Embarassed ), la subordination leur apparaisse comme une évidence.
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