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 Gilbert, c'est vrai ?

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hyttria

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MessageSujet: Gilbert, c'est vrai ?   Jeu 28 Fév - 0:13

J'ai entendu aujourd'hui à la radio que les 3 universités de Strasbourg allaient fusionner pour former une super université, la plus grande d'Europe (il me semble). Pouvez-vous nous en dire plus ?
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Gilbert



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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Jeu 28 Fév - 21:30

Oui Sophie, c'est la "véritée" (oups, ça m'a échappé). La nouvelle université de Strasbourg verra officiellement le jour le 1er janvier 2009, drôle de date en plein milieu de l'année universitaire, et devrait accueillir 50 000 étudiants.

Ce projet est dans les tuyaux depuis deux ou trois ans, et à l'heure actuelle les grandes manoeuvres ne sont pas terminées, car les barons cherchent à se tailler des fiefs à la mesure de ce qu'ils estiment être leur prestige. En effet, il s'agit de regouper dans de nouvelles UFR les anciens instituts, UFR, Facs, anciennement dispersés entre les 3 universités. Or, il y a des regroupements homogènes possibles : sciences éco était par exemple à Strasbourg I, alors que Strasbourg III accueillait une école de commerce, et l'IAE (qui viennent d'ailleurs de fusionner en une école de management), ainsi que la Fac de Droit et de Gestion (qui possède l'AES-management).
La fac de droit ne fera pas partie de la nouvelle composante éco-management, mais voudrait conserver l'AES-management (déjà qu'ils se sont faits barboter la MSTCF). Et je suppose qu'ailleurs ce genre de lutte de (futur) pouvoir doit battre son plein de la même façon.

Plus officiel, c'est l'intention de la nouvelle université de se rendre propriétaire du bâti comme les universités en ont la possibilité à présent, et de faire appel à des fonds privés.

Wait and see...
De toute façon, il faudra un certain temps pour que cette grosse structure devienne réellement opérationnelle, et je ne serai plus là pour en faire le constat !

Gilbert
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hyttria

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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Ven 29 Fév - 20:04

En effet, c'est un vaste chantier... et un sacré changement par rapport au fonctionnement "classique" des facs. C'est dans les situations de crise, ou de transition, que la véritable nature humaine se dévoile (j'en fais la cruelle expérience en ces temps troublés à l'EN) et ce que vous dites sur les "ténors" n'est guère une surprise; les rats sont là pour se partager le fromage, mais c'est une autre affaire quand le navire coule... enfin bref !

Vous devez, j'imagine, regarder cette foire d'empoigne avec beaucoup de recul, comme j'apprends à le faire; tout changement est-il condamné à se faire dans la douleur (en tous cas, en ce qui concerne les laissés pour compte) ?

Comme vous dites, wait and see !!!
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Gilbert



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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Ven 29 Fév - 21:07

Vous avez tout compris, Sophie, car en effet j'observe les choses avec recul, depuis longtemps d'ailleurs. En fait, depuis mon expérience dans l'équipe décanale en tant qu'assesseur du doyen.
A présent, je promène mon regard désabusé et sarcastique sans chercher à cacher que je me situe bien au-dessus de ces contingences bureaucratiques et souvent mesquines.

Car le fait de regrouper, dans l'allégresse générale pour l'instant, les trois entités pour en espérer une progression significative au classement de Shangaï ne fera pas disparaître d'un coup de baguette magique les rivalités internes qui naîtront pour s'accaparer du pouvoir. Ce qui a déjà commencé, d'après ce que j'ai pu entendre, Strasbourg I (Louis Pasteur, université scientifique), faisant valoir sa notoriété internationale et son prix nobel de physique.
Mais dans ce monde feutré et (en apparence) si policé, on assassine avec le sourire et la cordialité qui suffisent à donner toutes les apparences de relations pacifiques pleines d'urbanité.
La lutte pour le pouvoir n'est pas une nouveauté dans la longue marche de l'humanité...

Gilbert
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hyttria

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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Ven 29 Fév - 21:16

Et si pour augmenter le niveau au classement de Shangaï l'école français formait enfin les élèves de façon satisfaisante en pré -bac ? Non parce que avec ce qui se passe en ce moment, toutes les universités pourront fusionner qu'on n'y changera rien ! Enfin, vous connaissez mon avis sur le sujet, et il n'est que renforcé avec ce qui se passe en ce moment. A y regarder de près, le mammouth va nous faire un remake de Titanic, coulé en 2h après l'impact.
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Gilbert



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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Sam 1 Mar - 0:23

Mais Sophie, l'Université n'est pas indifférente à la formation des futurs étudiants de 1ère année, actuellement en terminale : elle (en tout cas la nôtre) leur organise un accueil digne des futures stars intellectuelles en leur préparant une visite guidée et dieu sait quoi encore d'ici quelques jours, pour qu'ils se rendent compte où ils mettront les pieds.

Nous avons reçu aujourd'hui un mail du Doyen nous rappelant l'événement proche, et son importance capitale, en relançant un appel aux volontaires pour les visites guidées-et-dieu-sait-quoi-encore.
C'est vraiment dommage et regrettable, mais j'ai mon entraînement vélo avec le groupe ce jour-là, et il y a des priorités qu'on ne saurait déplacer surtout en début de saison ! (ah, si Malulu lisait ça...).

Plus sérieusement, je me demande par moment si les organisateurs de ces festivités croient véritablement à l'efficacité et à la pertinence de cette comédie décidée dans le silence ouaté des bureaux ministériels, alors qu'il y a deux semaines encore une étudiante en 3è année de Droit est venue me voir après le cours pour me demander comment j'avais fait pour calculer un pourcentage...
Tant qu'on ne voudra pas voir le problème dans sa triste réalité, on pourra même emmener les futurs futurs-docteurs-ès-quelque chose à Dysneyland, les faits resteront ce qu'ils sont, c'est-à-dire affligeants. Et têtus, comme disait Lénine.

Pourtant, je dois reconnaître que le saut vers l'enseignement supérieur représente pour les lycéens un saut vers l'inconnu, si j'en juge ce post laissé sur le forum des étudiants en AES de notre fac. Il devait remplir son dossier d'orientation (encore une belle fumisterie que cette idée, puisque ce genre de pseudo orientation-conseil-pas obligatoire-d'être-suivie-par-le-futur-étudiant nous l'avions déjà mise en place il y a une vingtaine d'années, avant de laisser tomber devant l'inutilité du surcroît de travail ainsi engendré) et demandait quelques renseignements à des étudiants en AES.

Je n'ai pas pu m'empêcher d'éclater de rire en lisant certaines questions : inquiet des effectifs en 1ère année (environ 450 en amphi), il se demandait comment il était possible de travailler (question légitime). Mais il voulait aussi savoir si le prof connaissait le prénom de chaque étudiant !
Et d'autres questions du même acabit qui m'ont fait comprendre à quel point l'université est un monde mystérieux et angoissant pour les lycéens.
Jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'ils ne sont pas obligés de venir en cours (question posée également) et qu'aucun contrôle de leur travail, hormis l'assiduité aux TD, était effectué.

Ce n'est cependant pas en organisant des visites guidées maternantes qu'on règlera le problème de fond, c'est-à-dire l'arrivée de plus en plus massive (60 % d'une classe d'âge en licence !) d'étudiants qui n'ont pas le niveau requis et l'ardeur au travail pour entreprendre de réelles études supérieures dignes de ce nom.

Ah, à ce propos : j'ai expliqué la règle de trois à l'étudiante, et lui ai promis que s'il me restait un peu de temps en fin de semestre (ce dont je doute), je ferai aussi des cours d'alphabétisation...
Ma côte de popularité va encore monter :-(((

Gilbert
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hyttria

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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Sam 1 Mar - 9:10

Je rencontre à l'heure actuelle un problème semblable avec mes élèves de 3°, puisque en tant que prof principal je vais être amenée très bientôt à les orienter soit vers la voie générale soit vers la voie professionnelle.
Ayant la chance d'être encore pour quelques mois dans un établissement fort agréable (avant mon dégommage programmé du mois de juin), j'ai des classes d'un niveau acceptable.

Tout ça pour dire qu'il y a quelques jours encore je leur expliquai que le passage au lycée n'était pas une fin en soi, et qu'il fallait envisager les choses au-delà d'un simple passage. Ils m'ont regardée totalement effarés quand leur ai dit qu'il serait bon qu'ils s'approprient les savoirs, qu'ils soient autonomes dans la constitution de leur bibliothèque personnelle, qu'ils devaient faire preuve d'autonomie. J'insistai lourdement sur le fait que les effectifs allaient être plus lourds, et qu'un professeur de lycée ne peut en aucun cas tenir par la main chacun de ses élèves, et qu'il fallait sortir de la dynamique du groupe classe au profit d'une dynamique plus personnelle.

Au vu des résultats, 26 de mes 29 élèves devraient intégrer le lycée. Je suis inquiète, voire très inquiète pour une petite vingtaine d'entre eux, car ils ne savent pas réfléchir. Sans doute très scolaires, ils apprennent, restituent ce qu'ils ont appris, mais n'y réfléchissent pas, et surtout ne s'impliquent pas dans leur travail scolaire. Comme s'il s'agissait d'un exercice formel dont on a hâte de se débarrasser au plus vite.

J'espère néanmoins qu'ils se mettront vite au pas. Ce n'est pas parce que l'éducation abandonne les élèves Crying or Very sad et saborde les professeurs avec une ivresse d'enfant Crying or Very sad que nous devons courber l'échine et cesser de nous battre.
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morigghanne
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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Sam 1 Mar - 12:19

eh bien, tout cela n'est guère réjouissant...mais au vu de ce que j'ai pu constater en collège l'année dernière, et en lycée pro cette année, je ne suis même pas étonnée ! non, en effet, les élèves n'ont plus aucune autonomie; non, il ne comprennent pas ce que l'on attend d'eux, poussant de long soupirs ou se lançant des regards effarés lorsqu'on leur explique les enjeux de leur formation actuelle. En ce moment je reçois la visite des collègiens susceptibles d'intégrer notre lycée l'année prochaine, petite troupe de gamins affolés, intimidés, répondant "oui" à tout ce qu'on leur demande pour ne pas se faire remarquer....ils n'ont pas la maturité pour se débrouiller au lycée, mais que faire d'eux autrement ?
La plupart de mes élèves sont incapables de lire un texte court, encore moins de le comprendre. j'ai dû renoncer à leur demander d'en résumer les idées principales, me contentant de leur demander de "recopier" ce qui leur paraît important. Il n'ont pas l'idée d'ouvrir un dictionnaire quand ils se heurtent à un mot inconnu, il faut aller le leur chercher, et encore, l'ouvrir à la bonne page, leur mettre le doigt sur la bonne définition ! dire qu'il y a 15 ans encore, en CM1, mes camarades et moi faisions des "courses de dico", à celui qui trouverait le plus rapidement la bonne définition....
La plupart ne savent pas conjuguer le passé simple (à 16 ans, voire plus !)et, lorsqu'on leur demande d'écrire un texte, mélangent allègrement plusieurs temps dans une même phrase sans se soucier de leur concordance.
Quand ils font une recherche documentaire, il préfèrent se référer directement à internet. Ils copient-collent ainsi de longues portions de texte sur tel ou tel site, parfois sans même les lire. Quand je leur explique que tout n'est pas fiable sur internet et qu'il faut vérifier la validité de chaque information, deux réactions possibles : soit ils sont très étonnés, soit ils me disent clairement que ça n'est pas leur problème, le prof a demander de rendre un dossier, on rend un dossier, peu importe ce qu'il y a dedans....
Evidemment, les faits d'actualité ou même d'histoire contemporaine leur sont totalement étrangers, hier encore une jeune fille m'affirmait avec véhémence que la présidence de François Mitterand, c'était au 19ème siècle et était complètement ahurie quand je lui ai dit que nous étions toute les deux nées alors qu'il était encore au pouvoir (je ne sait pas ce qui l'a le plus étonnée : d'avoir connu à son insu ce président au pouvoir ou de se rendre compte qu'elle était désormais presque aussi "vieille" que moi ? Razz ).
Et je pense avec une certaine inquiétude que ces adolescents, dans deux ans, et même moins pour certains, auront le droit de vote...
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hyttria

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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Sam 1 Mar - 12:29

on dirait qu'on est dans le même établissement ! tu charries quand tu dis que tu es en Alsace lol!
J'aimerais pourtant mieux que ce soit le fait d'un établissement plutôt qu'un fait de société Crying or Very sad
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hyttria

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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Sam 1 Mar - 12:32

les miens m'ont sorti hier tout de go que Victor Hugo, c'était "un auteur du XVI° siècle qui était pote avec Molière" (sic)
Pour info, on bosse depuis le début de la séquence sur Victor Hugo (on en est au cours 6...)
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Littera

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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Sam 1 Mar - 14:11

Un jour mes élèves m'ont affirmé que de mon temps on allait à l'école en diligence!
Tout ce qui est raconté dans les posts précédents est hélas la réalité quotidienne. Mais je constate avec l'âge - n'est-ce pas- que nos collègues de collège -tant pis si je dis du mal- n'ont souvent pas connu l'enseignement en lycée, comme cela se pratiquait quand j'ai commencé, quand on avait aussi bien une 6ème qu'une terminale, et que travailler dans tous les niveaux permettait de mettre les choses en perspective. A l'heure actuelle on a peur de trop en demander, si bien que le niveau baisse de facto. J'ai eu la chance de voir travailler ma mère en primaire, et j'avais une bonne approche de ce qu'il fallait demander à chaque nouveau palier. Il me semble - mais là les syndicats vont encore hurler - que la formation pédagogique devrait inclure un petit stage dans chaque niveau scolaire.
D'autre part on sait à l'heure actuelle que moins on en demande moins les élèves en font! Ma technique est de demander aux élèves un certain nombre d'acquis fondamentaux, je passe pour une réac, parce que je fais beaucoup d'interro écrites, avec toujours les mêmes notions, je n'hésite pas à déchirer les copier-coller, bref je joue les peaux de vache (ce qui m'a valu un 5 sur www.note2be!, par un seul élève). mais je les préviens qu'il vaut mieux qu'ils souffrent en 3ème où on peut encore jouer les nounous, qu'en seconde où les profs n'auront plus de temps à leur consacrer.
A côté de cela il nous arrive dès la 6ème des élèves qui ont été massacrés (je ne sais pas par qui ni pourquoi), et qu'on n'arrivera pas à récupérer, et ça ça me met très en colère parce que l'école a failli à sa tâche.
Et c'est au nom de ces élèves là, pour gonfler les résultats, que les consignes d'en haut nous obligent à gonfler les notes. GRRR;
Je ne suis pas du tout opposée à ce qu'on revienne aux fondamentaux, les vrais, à conditions qu'ils soient bien enseignés, avec dictées, apprentissage des temps, des conjugaisons, calcul mental et règle de trois (n'estce pas Gilbert), histoire, géographie et éducation civique (oui à l'apprentissage de la Marseillaise, de la politesse, etc). L'angélisme n'a que trop duré, eh bien malgré tout ça les syndicats du primaire commencent à monter au créneau pour taxer ces mesures de ringardise. Mais qu'estce qu'ils veulent, bon sang? Et je ne vote pas LePen, je vote à gauche! Mais il y en a assez de marcher sur la tête dans ce pays!

Et après on s'étonnera de la montée des instituts privés. Même l'orientation, je l'entendait hier à la radio, connaît maintenant ses coachs privés à 200 euros la demi heure, ou 400 euros le bilan complet! Est-ce qu'on est encore en république?


Marie-Hélène
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morigghanne
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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Sam 1 Mar - 17:19

A Hyttria : Non, malheureusement je ne charrie pas...au début des vacances une de mes amies, néotitulaire français-Histoire-Géo en lycée pro, en Picardie, m'a raconté quelques anecdotes du même type ...ses élèves n'ont aucune notion du temps, en effet, pour eux, Hugo aurait bien pu "être pote" avec Molière et ces deux larrons sévir sous François Mitterrand...pour eux, le passé est une sorte d'amalgame informe et non linéaire....j'avais déjà cité cet élève ne sachant pas me dire (au siècle près !!!) quand s'étaient passé les attentats du 11 septembre (dont on continue pourtant à parler abondamment dans les médias...et qui ne sont pas si loin de nous, quand même !)

A Littera : je suis d'accord avec certaines de tes remarques, mais pas toutes...(bon, en même temps je sors tout juste de l'IUFM, je ne peux dénier une certaine influence de pédagogie "moderniste", sans doute pas toujours en phase avec les réalités du terrain...je manque encore de recul par rapport au métier, je l'admets volontiers !).
Moi aussi j'ai eu la chance de voir ma mère travailler en primaire, ce qui me permettait d'avoir un certain aperçu de ce que l'on demande aux élèves à la fin du CM2. J'ai pu constater que beaucoup d'enseignants (primaire, collège et même encore au lycée) délaissent parfois les programmes officiels pour renforcer les fondamentaux quand le besoin s'en fait sentir. je pense donc que ce fameux "retour aux fondamentaux" est en fait déjà une réalité dans la plupart des classes...le problème étant que vous pouvez expliquer 15 fois, 20 fois, l'accord du participe passé, exemple et moyen mnémotechnique à la clé (comme je le fais encore actuellement avec mes greemlins !), si l'élève estime qu'il s'en fiche, que "ça sert à rien madame du moment que vous comprenez ce que j'écris", il va zapper...et c'est ce qui se passe actuellement, pour un peu tout ce qu'ils apprennent à l'école. C'est pourquoi, sans délaisser ces fondamentaux, je m'interroge sur la cause de leur perte de valeur aux yeux des jeunes générations....
Autre chose, tu proposes que les enseignants stagiaires fassent un stage dans chaque niveau...personnellement durant ma formation IUFM, j'ai eu droit à une semaine en primaire, une semaine en collège et une semaine en lycée pro en premiere année, puis, lors de ma deuxième année alors que j'étais stagiaire en collège, j'ai fait un mois en lycée et une semaine en SEGPA. Le tout étant nécessaire pour valider notre formation. Je ne sais pas si c'est comme ça dans toutes les académies, mais tu vois, l'idée fait son chemin ! j'ai également passé un mois en médiathèque pour "voir comment ça se passe en dehors de l'EN"....d'autres étaient en librairies, en entreprises, dans des organes de presse et des médias...
Je suis d'accord avec toi pour dire que le gonflage des notes, sur ordre d'"en haut" est une aberration...quand ma mère enseignait encore, elle avait ordre certaines années de ne pas faire redoubler plus d'un ou deux élèves, à cause des statistiques toujours...résultat, ceux qui avaient besoin d'un peu plus de temps pour assimiler les choses se retrouvaient poussés en avant et completement largués l'année suivante. On sait que le redoublement n'est pas toujours la solution, mais il faut se rendre à l'évidence, ce peut être un plus dans des cas bien précis !
Donc, oui aux "fondamentaux" (même si, d'après mon expérience personnelle ils n'ont jamais été abandonnés réellement). La politesse...eh bien encore une fois, ça me parait être une évidence en classe, je ne vois même pas pourquoi on parle d'un "retour à" ! enfin, tout enseignant exige au moins de ses élèves qu'ils se découvrent en rentrant, enlèvent les écouteurs de leurs oreilles, disent bonjour et au revoir, se lèvent à l'entrée de quelqu'un dans la classe ! (ça m'a fait tout drôle l'autre jour, je suis allée voir une prof de français pour une affaire urgente à régler, toute la classe s'est levée comme un seul homme à mon entrée. Je me suis alors souvenue que, durant toute ma scolarité, j'en avais toujours fait autant....mais cette fois c'était moi l'adulte !). La Marseillaise...moui, bof. Là c'est une opinion très personnelle, et je sais que normalement on n'a pas à en tenir compte, mais bon, voilà, je suis archi-contre. A moins qu'on ne change au moins les paroles qui m'ont tant traumatisée quand on me les a apprises en CE1. (ben si, c'est vrai : j'ai fondu en larmes quand on nous a expliqué ce que signifiait ces histoire de sang impur et d'étendard sanglant. Sans parler des enfants du dernier couplet prêts à prendre les armes... Ca restera un de mes rares mauvais souvenirs d'école). Je connais des enseignants qui se contentent de faire entendre la musique aux élèves. Les symboles de la France sont a connaitre bien sûr, mais pas sûr qu'ils participent à l'impression que nus faisons tous partie d'une même nation. je préfère les souvenirs partagés, la connaissance des différents terroirs, des spécialités gastronomiques (n'est ce pas Gilbert !), de notre artisanat si particulier, de nos peintres, de nos musiciens, de nos auteurs...c'est tellement plus parlant qu'un drapeau !
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Gilbert



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MessageSujet: Re: Gilbert, c'est vrai ?   Sam 1 Mar - 20:34

Citation :
Ma côte de popularité va encore monter :-(((

D'abord une correction : c'est ma cote de popularité qui va monter ; bien sûr, les côtes, c'est moi qui les monte en ce moment quand le temps le permet...

Citation :
ils me disent clairement que ça n'est pas leur problème, le prof a demandé de rendre un dossier, on rend un dossier, peu importe ce qu'il y a dedans....

A chacun de vos témoignages, Mesdames, je retrouve du vécu. Ainsi celui d'Anne, que l'on peut très facilement observer en TD. Il y a d'une part les désinvoltes absolus, qui ont compris que l'essentiel c'est d'être présent à l'appel et qui viennent les mains vides, et les "timides" moins courageux peut-être qui ont vaguement bidouillé quelque chose pour donner l'illusion d'être en règle.

Citation :
moins on en demande moins les élèves en font! Ma technique est de demander aux élèves un certain nombre d'acquis fondamentaux, je passe pour une réac, parce que je fais beaucoup d'interro écrites, avec toujours les mêmes notions, je n'hésite pas à déchirer les copier-coller, bref je joue les peaux de vache

Constat confirmé, Marie-Hélène, et j'ai déjà raconté plusieurs fois que lorsque les règlements d'examen avaient été changés il y a une dizaine (?) d'années pour remplacer l'admissibilité aux oraux, après les écrits, par des U.E. (unités d'enseignement, capitalisables) dont le bénéfice restait acquis en cas d'échec, nous avons enregistré la première année des taux d'absentéisme à la session de septembre qui allaient de 50 à 66 %. Les étudiants avaient tout simplement adapté leur effort à la nouvelle règlementation, et sachant qu'en cas de redoublement ils n'auraient plus à refaire l'ensemble des épreuves, ont délibérément choisi de sacrifier la session de rattrapage plutôt que les vacances.

D'autre part, votre exigence intransigeante vous vaut sans doute d'être mal perçue par les élèves, trop jeunes pour en mesurer les bienfaits plus tard.
J'en veux pour preuve, moi qui ai toujours fonctionné ainsi (et en pire !) ce que me racontait un collègue récemment.
Je le croise... au Salon des Vignerons Indépendants (ça ne s'invente pas), et de fil en aiguille il m'annonce qu' ayant atteint 60 ans il a cessé ses activités d'avocat pour se consacrer uniquement à l'enseignement (beaucoup de collègues juristes prof ou MC sont inscrits au barreau, et pour beaucoup l'enseignement permet de payer l'essence de la voiture...).
De par son métier d'avocat il a été souvent en rapport avec d'anciens étudiants, notamment d'AES, et il me dit "quand ils parlent de la fac, il y a un nom qui revient régulièrement, c'est le tien. Et ils ajoutent qu'il y a les cours qu'on conserve et ceux qu'on jette ; les tiens ils ne les ont pas oubliés". Et il conclut par : "on devrait te le dire plus souvent !".

Parce qu'en effet, quand ils étaient à la fac, les pauvres chérubins étaient nombreux à pleurer de devoir faire face à tant d'exigence dont il n'était d'ailleurs pas certain qu'elle n'allait pas franchement à l'encontre des plus élémentaires Droits de l'homme.
Pour ma part, je n'ai jamais perdu de vue que ce qui les attendrait dehors allait être bien plus cruel, et sans session de rattrapage, et que les prétentions au rang de cadre ne se feraient pas uniquement sur la foi d'un diplôme obtenu on ne sait trop comment, mais par la ténacité au travail.
A terme, je constate que j'avais raison, et que la démagogie ou la facilité de certains collègues ne rend pas service aux étudiants.

Alors, Marie-Hélène, dites-vous que plus tard il se trouvera toujours l'un ou l'autre esprit lucide pour vous adresser une pensée reconnaissante...

Citation :
la connaissance des différents terroirs, des spécialités gastronomiques (n'est ce pas Gilbert !),

Anne, ma soeur, je me sens contraint de confesser ma virée chez André Pfister cet après-midi, non sans vous dédier alors une pensée émue...
Pour ma défense, je plaiderai que j'ai fait connaître ce vigneron et sa fille à un copain du vélo, et que la dégustation a avantageusement remplacé la sortie du samedi après-midi qu'une météo fantasque nous a prudemment conduits à annuler. Et ce fut bien !
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